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HELLO WINTER !

Désormais, il y a officiellement encore plus de raisons de rester lire sous la couette ou sous un plaid dans le canapé. Malgré les déménagements, les montagnes de cartons et les mésaventures des dernières semaines qui ont ralenti considérablement mon rythme de lecture, j’ai eu trois gros coups de coeur pour des romans dans les derniers mois. Aujourd’hui, c’est le premier que je vous présente : Kafka sur le rivage de Haruki Murakami. C’est le second roman que je lis de lui, et j’ai bien plus accroché à son univers cette fois-ci que pour 1Q84 dont je n’ai lu que le premier tome.

« Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant l’aube. Pourquoi ? parce que la tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs sans aucun lien avec toi. Elle est toi même et rien d’autre. elle vient de l’intérieur de toi. Alors la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au coeur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repère dans l’espace ; par moments, même, le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer. »

Haruki Murakami – Kafka sur le rivage

Ce roman d’initiation nous plonge dans le récit les aventures de Kafka Tamura, quinze ans qui fuit l’appartement dans lequel il vit à Tokyo avec son père, un sculpteur de renom. Mais aussi celles de Nakata, un vieillard simple d’esprit qui lui aussi prend la route, guidé par une force qui le dépasse. Deux courants qui se mêlent mais qui ne se rencontreront jamais.

Le jeune héros torturé fuit le désintêret total de son père mais aussi – et surtout – la prédiction oedipienne de celui-ci. Seuls, ils finiront par trouver des alliés qui leur permettront d’aller au bout de leur chemin. Kafka trouvera refuge à la bibliothèque Komura où grâce à l’aide d’Oshima et Mademoiselle Saeki, il trouvera la force d’affronter ses démons et trouvera quelques réponses, Nakata trouvera en lui la force d’affronter un monde imaginaire dans lequel se mêlent les démons de son passé.

Cette histoire à la fois très réaliste et fantastique nous fait voyager dans le Japon contemporain mais aussi à travers de nombreux mondes imaginaires parfois effrayants, parfois merveilleux. J’ai dévoré les six-cent et quelques pages en une semaine et je vous le recommande vivement aussi !

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« Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses… des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments qu’on ne pourra pas retrouver. C’est cela aussi vivre. Mais à l’intérieur de notre esprit – je crois que c’est à l’intérieur de notre esprit – il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j’imagine. Et il faut que nous fabriquions un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisément ce qu’il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l’aérer, changer l’eau des fleurs. En d’autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque. »

Haruki Murakami – Kafka sur le rivage

Sur ce, je file préparer mon sac et je vous souhaite un Joyeux Noël !

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