10387977_1624801947845022_1065460479_n Ici, depuis quelques jours, le printemps résonne très fort. J’écoute sur Deezer les playlists des copines. Dans le nouveau canapé gris, je couve mes microbes pour la troisième semaine consécutive. Je porte haut et fort, mon tee-shirt où l’amour est brodé en bleu. Bleu, vraiment bleu. Ici, le printemps c’est le citron chaud au miel, l’odeur des bougies et les tulipes en fleurs réparties dans l’appartement. C’est aussi mes ongles rouges vraiment rouges. Et les bijoux en toc doré. C’est dévaler la rue de Brest à vélo, et contempler les pommiers en fleurs.

 

Je savoure les journées qui ne cessent de s’étirer. Je fais des to-do list qui s’allongent qui s’allongent. Comme toujours, il s’agit de prendre un problème après l’autre. Mettre, un pied devant l’autre. Rayer d’un trait de feutre rose, et passer à la suite.

Le printemps c’est l’amour qui revient en même temps que les premières fraises. Les nouvelles lunettes de soleil et le sandales camelles. C’est aussi lire des guides pour mille destination et savoir qu’en Deux Mille Seize mon empreinte carbone sera déplorable. Rêver d’ailleurs. Dans une semaine exactement, il y aura l’envol pour le bout du monde. Un sac sur mon dos, et puis l’immensité du monde. Il me faudra exactement quarante-cinq heures et vingt-cinq minutes pour rejoindre l’autre coté de la planète. Là où les jours commencent près de douze heures avant les miens. Puis, dans quelques semaines, je fêterai ma vingt-quatrième année, douze heures en avance donc, au bout de la Terre.10817909_200046013702075_1208467631_n

J’ai des envies de gâteaux au pomme.  Du four, ils embaument les pièces d’une odeur si réconfortante. Je lis des livres qui emmènent dans les fins fond de l’Ouest Américain et d’autres qui emmènent à Madrid, à Salamanque, à Séville et aux Fidji. Mais aussi sur une île, ici même, en Bretagne. Je savoure doucement les températures qui remontent. Je sens mes poumons qui s’ouvrent un peu. Je retrousse mes pantalons, et je retrouve l’odeur des huiles essentielles de l’été passé sur mon foulard jaune.

Le printemps dit doucement au revoir à l’hiver. Et certaines choses ne changent pas. Je continue à pédaler fort fort fort dans cette salle noire illuminée par un écran. Je continue à chercher dans tous les sens qui je suis, ou du moins, quelque chose comme ça. Dans une semaine exactement je serai dans un car pour la Capitale et je ne reviendrai que lorsque le printemps sera presque envolé.

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Je prends la mesure des journées qui passent, doucement je bats le rythme sous la table. Je laisse s’envoler les secondes, toujours en prenant mon temps. Le temps de respirer un peu, le temps de rire un peu, le temps de compter les battements de mes paupières. Tout doucement.

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