Novembre, décembre.

Culpabiliser de ne rien écrire d’autre ici que des chroniques futiles. Me servir de cet espace comme un journal reflétant vaguement les flux changeant de ma vie actuelle. Manquer de temps pour tout, pour écrire, pour lire, pour voir des films. Manquer de temps parce qu’il y a les montagnes de travail. Et manquer de temps aussi parce qu’il y a aussi, les autres priorités. Celles qui font sourire, qui font passer des soirées à trinquer, rentrer après la nuit tomber. Celles qui font que je laisse entrer cet automne comme on laisse entrer le printemps. Un peu sereine, et surtout un goût de liberté sur les lèvres qui semblent étrangement nouveau.

Il y a donc, dans cet automne, les musiques que l’on écoute pour la première fois, la douceur du soleil en terrasse sous un gros manteau, les verres de vin blanc, les cigarettes fumées dans le froid, et les sourires. Novembre, c’est signer les papiers pour un appartement, reprendre ma vie comme si elle était toute nouvelle. Lâcher prise, laisser trainer les vêtements sur le fauteuil, la vaisselle dans l’évier, se coucher un peu tard et se lever un peu tôt. Et tenter de ne plus perdre des yeux ce qu’il y a derrière tout ça. Ne plus me perdre des yeux. Aussi. Ça doit être ça, donc. Ne plus me perdre des yeux. Novembre, c’est ouvrir les yeux et voir combien j’avais disparue. Profiter de l’ivresse. Ou quelque chose comme ça. Saluer décembre, faire mes cartons, décrocher les cadres des murs, et bientôt refermer la porte.

L’hiver viendra vite, il est déjà presque là. Les matins sont blancs, les jours sont très courts. La case sept du calendrier de l’Avent, et aller de l’avant.

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