Août.

Prendre la fuite. Se réveiller à Bordeaux. Partir bruncher, boire des cafés, prendre le soleil. Grappiller quelques jours de vacances avant les vacances. Déambuler dans les rues. Reprendre la voiture pour quelques kilomètres. Se baigner dans l’eau chaude du lac et dormir sous les pins. L’odeur si douce, au réveil. Savourer comme jamais. Les moules frites au bord de la mer, ensuite. Et le premier bain de l’année dans l’Océan après une nuit à la presque belle étoile.

Et puis, le temps suspendu dans la maison de mon enfance.  Boucler les projets, sauvegarder les fichiers, boire du thé sous les canices de la terrasse en bois. Savourer. Six petits jours ici, dans le jardin. Comme toujours aller manger un sorbet sur le port, acheter un roman d’été d’occasion au petit marché. Et d’ailleurs, pour la première fois depuis des mois prendre réellement le temps de lire des romans. Faire un crumble au mille fruits, avec du romarin. Voir le sourire de ma toute petite mamie qui s’en ressert une part, « histoire de ».

Puis. Nantes. La chaleur. Les œuvres partout dans la ville. Et enfin, Lisbonne.

S’envoler, au soleil.  Marcher marcher marcher dans cette ville où partout il faut lever le nez. Dans les petites rues, profiter de l’ombre sous la chaleur d’août. Ici, les murs ont des motifs et des couleurs qui ne froissent personne. Laisser entrer la lumière, donc. Comme un mantra. Manger comme des rois, ici sur les bords du Tage. Il fait doux, d’être au sud de l’Europe.

Et forcément, sur la terrasse, au petit-déjeuner, une Pasteis de Belèm, un peu écrasée. Saupoudrée de sucre glace, un peu comme de la poudre magique. Avec une orange pressée. Admirer sans relâche les hirondelles et les azuléjos. Malgré la chaleur, marcher main dans la main. Ici, la vie à goût d’orange pressée et de baisers au tabac.

Le 3ème matin, le réveil dans la tiédeur de la chambre. La pénombre et la fenêtre ouverte sur la petite cour. Attraper un train direction Sintra. Monter monter monter. Se retrouver face à un palais aux milles couleurs. Et la vue sur la mer. Mais détester la foule. Puis, rentrer.

Manger manger manger. Éplucher les bonnes adresses. Marcher marcher marcher. Photographier les azuléjos. Et, évidemment, acheter des hirondelles.

Et, la mer.

Accéder à une petite crique déserte par les rochers. Puis, en fin d’après-midi marcher jusqu’au bar de la plage. Attraper une bouteille d’eau gazeuse. S’endormir un peu sur le sable chaud. Marcher, et voir mes ongles vernis s’enfoncer dans le sable. Mes cheveux blondis et ma peau dorée par le soleil sous ma chemise. Les marques du maillot sur la peau. En somnolant, le corps encore humide d’un bain dans l’eau transparente, formuler quelques résolutions.

Chaque jour, laisser entrer le soleil. Chaque jour, marcher dans le sable. Respirer. En grand. Très grand. Et puis, septembre. Et puis, rentrer. Et bientôt bientôt toutes mes bonnes adresses lisboètes.

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