Il y avait mille ans que je n’avais pas écrit par ici. Je n’écris plus, je ne photographie plus, je ne lis plus non plus. J’ai disparu de la circulation. Envolée.
Des raisons, il y en a des centaines. Et plus le temps a passé, moins j’ai pris le temps. J’ai ouvert grand mon coeur sur l’hiver et j’ai ouvert grand mes fenêtres sur le printemps. Depuis, c’est la douceur, et la fête dans ma tête. Tout n’est plus que douceur. Le stress ne s’est pas complètement envolé mais j’en dessine mal les contours. Chaque soir, je cuisine en chantonnant. Chaque matin, je me réveille prête à démarrer une toute nouvelle journée. C’est nouveau tout ça.
Il y a eu, dans le désordre. Un vrai bordel. Les matins d’hiver. Barcelone avec les copines. Les baisers dans le cou. Les journées à la mer. Le mal de dos tellement fort qu’il me cloue au sol. Le soleil qui revient. Les premières couleurs. Mes 26 ans. Les petits déjeuner au lit. Les nuits trop courtes. Les nuits trop longues dont on a du mal à se réveiller. Un deuxième nom sur la boîte aux lettres. Les billets pour La Réunion. Les trucs administratifs chiants. Les brunchs. Les jolis courriers. Du doré à mon poignet. Les apéros au soleil. Les apéros pas au soleil. Les souvenirs de Barcelone. Les gâteaux dans le four. Les vacances en parenthèse à l’appartement.
Il y a des marguerites dans le vase. Les sandales à mes pieds. La bague coeur à mon doigt. Le goût de la pastèque. Les chemises bleue ciel. Les dossiers qui s’empilent mais qui se terminent, aussi. Les victoires. Surtout les victoires. Les toutes petites comme les très grosses. La deuxième saison de 13 reasons why. Mon roman sur ma table de chevet. L’odeur de l’huile prodigieuse sur mes coudes. Le rouge à lèvres vraiment rouge. Les draps blancs. La fin de l’année.
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